3 astuces pour rendre son entreprise plus intelligente


Le 1 octobre 2013

 

Téléphones, réseaux, villes, automobiles, tout est devenu « smart ». Vivace, astucieux, efficace intelligent, etc., il y a un peu de tout ça dans  « la smart-attitude ». Les entreprises[1] aussi se doivent d’être plus intelligentes. Qui mettrait ça en doute ?

 

Mais qu’est-ce qu’une entreprise, un projet ou une communauté intelligent(e) au juste?

Le succès d’une entreprise ne se mesure plus seulement à sa capacité de produire, mais plutôt par son potentiel d’innovation. En effet, la pérennité d’une entreprise repose largement sur son aptitude à innover et à se démarquer. Une entreprise smart, c’est-à-dire intelligente, serait alors une entreprise qui arrive à générer de l’innovation.

Mais l’innovation est un concept encore vague, voire compliqué à un instaurer et à évaluer. Aussi, il peut être complexe de persuader certains responsables à s’engager dans une démarche peu classique, les invitant à repenser les rôles, les marges de manœuvre et les interactions avec et entre les collaborateurs.

Quelques organisations exploitent cette nouvelle façon de penser et manager l’entreprise, en favorisant le développement de l’innovation chez leurs employés. Par exemple, selon Google « Le changement, les décisions radicales et l’innovation sont des nécessités stratégiques ». Mais tout le monde ne peut pas être Google…

 

Quelques petites astuces pour favoriser la créativité et l’innovation dans votre structure 

Trois étapes clés pour faire émerger l’innovation collective au sein de votre projet :

 

1.      Instaurer un climat d’intelligence collective et de coopération

Le meilleur moyen de co-innover

MUSE D.Territoires définit l’intelligence collective (IC) comme « la volonté d’un groupe d’individus de mettre en commun leurs ressources dans un mouvement ascendant et inclusif qui vise à résoudre ensemble de nouveaux problèmes et créer ensemble des solutions innovantes ».

Cette démarche qui privilégie la prise de décision collective, prescrit que la performance collective du  groupe est supérieure à la somme des performances/intelligences individuelles isolées. L’IC permet non seulement de développer la créativité et l’innovation au sein d’une structure, mais aussi de valoriser chaque participant au processus. En incluant les employés/participants dans le processus de réflexion et de mise en œuvre, on augmente leur capacité d’action (cf. article) et par là leur engagement dans l’entreprise/au projet.

Un remède à la réunionite

Trop longues, manque d’action, démotivation, les réunions sont souvent synonymes de perte de temps. Pourtant elles sont l’occasion idéale pour instaurer un climat propice à l’innovation. Il peut donc être intéressant d’instaurer des temps de réunions basées sur les principes de l’IC pour favoriser l’échange d’idées, de solutions et de leur mise en œuvre, ou chaque participant contribue équitablement à la réunion. Cependant, l’animation des réunions basées sur l’IC (ex : ateliers en ruche, débat mouvant, world café, open forum…) doit être fait en respectant les principes et les enjeux qui leur sont propres. De véritables formations spécialisées peuvent être suivies par ceux qui souhaitent se lancer !

Quand utiliser l’intelligence collective ?

L’intelligence collective peut être utilisée à toutes les étapes d’un projet et dans tous les secteurs d’une entreprise. Pour le succès de ce type de démarche, le plus important est de bien choisir les personnes à engager dans le processus d’IC et de décider des étapes pertinentes pour les mobiliser. Dans son livre «  Le management de l’intelligence collective » Olivier Zara, explique avec sa méthode AXIO que lors des différentes étapes de la gestion de projet, le processus de prise de décisions et d’action peut être mis en place sous la forme collective (tout le monde participe), collégiale (une partie du groupe) ou individuelle. Le processus de 1) recherche, 2) réflexion, 3) consultation, 4) décision, 5) capitalisation et 6) action, peut donc être mis en place soit collectivement ou individuellement mais doit clarifier et respecter le rôle et l’implication de chaque personne dans le processus final.

Next step ?

Une fois que les principes de l’intelligence collective déployés, la confiance entre les acteurs instaurée et la créativité bourgeonnante, l’IC participe de la culture de l’organisation et commence le processus de «  Knowledge management/partage de savoir ». Ce processus consiste à partager les différents savoirs/connaissances des collaborateurs pour capitaliser sur les acquis au bénéfice de l’organisation.

 

2.     Toujours favoriser le feedback positif

L état d’esprit positif, « the American Way » 

En France on est souvent sceptique du ton « trop » enthousiaste des Américains, voire moqueur quant à leurs expressions « extra » positives (ex : « so great », « that’s amazing »).

Pourtant selon des recherches scientifiques, la perception du succès ou de l’échec accroît ou diminue la confiance en soi. C’est dans les années 60 qu’un psychologue Américain, Martin Seligmand, commence la recherche centrée sur la psychologie dite « positive ». Ainsi il serait préférable d’accentuer le succès ou le travail bien fait d’un collaborateur (et ensuite de souligner si nécessaire les corrections/améliorations à apporter) pour que sa confiance en lui progresse (et ainsi la diminution de la pression sanguine et l’augmentation du taux de testostérone). Plus les collaborateurs ont confiance en eux, plus ils produiront du travail de qualité et seront motivés à contribuer au succès de l’entreprise.

La journaliste Sophie Peters dans son article intitulé L’esprit « positif » du temps ou l’art du verre plein, conclut par une citation du sociologue Michel Maffesoli : « L’économie la plus avisée est celle qui saura précisément associer la flexibilité à la capacité d’intégrer des paramètres qualitatifs ».

 

3.     Innovation collective & Créativité

L’intelligence collective et le « knowledge management » sont des moyens d’analyser une problématique et de trouver collectivement des solutions innovantes. Mais pour instaurer un vrai climat de créativité et trouver des idées innovantes, il faut que les employés/participants croient au pouvoir de la créativité.

La créativité en France

Toujours dans l’hexagone, la créativité n’est malheureusement pas un concept qui séduit beaucoup. Si l’opinion publique étrangère pense que la France est un pays créatif[2] (surement dû à son image héritée de l’art et la mode), elle n’est pas spécialement un pays qui promeut la créativité individuelle ou collective. En effet, pas plus à l’école qu’à l’université ou dans le monde du travail, les Français sont poussés à être créatifs. Ainsi il est peu surprenant que la France ne soit qu’en 29ème position selon le « Technology Index »[3] proposé par le « World Economic Forum », qui consiste à mesurer l’innovation technologique. De plus, selon Richard Florida et son « index de créativité global», la France se retrouve en 15ème position (derrière Singapour, la Belgique et l’Irlande) sur l’échelle de la créativité globale.

globalcreativityindexmap

Cet index de « Créativité Globale » combine l’index de l’innovation technologique (calculé avec les dépenses liés à la R&D, nombre de talents scientifiques et chercheurs, et le niveau de l’innovation, mesuré par la concentration de brevets), du talent (le niveau d’éducation et le pourcentage de la « classe créative »[4]) et de la tolérance (statistiques de l’enquête Gallup, sur le traitement des immigrés, des minorités ethniques et des gays et lesbiennes).

 

Promouvoir la créativité en France

Comment donc redonner de l’importance à l’innovation et à la créativité ?

Sensibiliser au pouvoir de la créativité, redonner confiance et encourager l’innovation constituent un bon début. Former à ces nouvelles approches, partager des articles, afficher des histoires, promouvoir des réussites… tout cela peut provoquer une inclination à la créativité et l’innovation. Ensuite, mettre en place un environnement où l’innovation et la créativité puissent fleurir, pour cela enseigner et faciliter l’usage des méthodes d’intelligence collective et du feedback positif.

Pourquoi pas aller voir ailleurs ?!jugaad

Même au-delà de l’Europe, la France ne doit pas hésiter à se tourner vers d’autre pays plus innovants et créatifs, peut-être plus jeunes ? Par exemple, s’inspirer du modèle Jugaad venu de l’Inde : « Savoir se débrouiller et trouver des solutions dans des conditions hostiles ». En français, ce concept se traduit par « innovation frugale ».

Le modèle français a d’ailleurs peut-être conduit à être trop confiant et à ne pas pousser les efforts créatifs pour se dépasser. 

Aujourd’hui pour l’entreprise être créatif et innovant est un atout pour perdurer et passer l’hiver économique au chaud !

 

Pour aller plus loin

Exemple d’utilisation de l’intelligence collective avec un  débat mouvant : https://www.youtube.com/watch?v=X3jbKO-pm0I

The Global Creativity Index, Richard Florida, The Atlantic City, Oct. 05 2011 : http://www.theatlanticcities.com/jobs-and-economy/2011/10/global-creativity-index/229/#slide2

L’Innovation Jugaad. Redevenons ingénieux !, Annie Kahn, 15 04 2013 : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/15/l-innovation-jugaad-redevenons-ingenieux-editions-diateino_3159891_3234.html

 


[1] *Dans cet article nous utiliserons alternativement le mot entreprise ou projet, car les méthodes d’innovation collective peuvent aussi bien être adaptées par des chefs de projets/consultants travaillant indépendamment ou au sein d’une entreprise.

[2] Etude publiée par le Monde, « La France championne de la créativité, les Etats Unis de l’Innovation », Florence Beaugé, 21/11/2012

[3] Cet index est mesuré par les dépenses liées à la R&D, la créativité des scientifiques et chercheurs, et le % de la connexion internet par habitants

[4] Regroupe la population active qui travaille dans le domaine de la science, technologie, business/management, santé/éducation, art/culture/divertissement.

 

 

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2 commentaires

  • Est-ce que mettre en avant la production sur le sol français est avantageux sachant que ce sont des entreprises étrangères qui produisent ?

    J’ai un peu l’impression que ça ferait hypocrite vous ne trouvez pas ?

    Merci de votre réponse.

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